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Bulletin sur les cybermenaces : accélération des cyberattaques par intelligence artificielle agentive

Table des matières

Vue d’ensemble

Des changements que l’on anticipait depuis longtemps commencent à prendre forme dans le domaine de la cybersécurité.

L’intelligence artificielle (IA) facilite déjà la détection des failles, le développement de code malveillant et les attaques contre de nombreuses organisations en même temps. Il s’agit de versions de cybermenaces connues plus puissantes que les précédentes. L’IA agentive va plus loin en liant des étapes distinctes d’une attaque et en les menant à bien avec peu de directives humaines.

Des cyberactivités malveillantes récentes menées par Storm-0940 illustrent cette tendance, qui montre l’évolution fondamentale des techniques malveillantes dont peuvent se servir les divers auteurs de menace. Dans ce cas, l’auteur de menace a utilisé un cadre d’IA agentive pour mener à bien et coordonner plusieurs étapes d’une cyberattaqueNote de bas de page 1. Il a pu chercher des cibles, tester des façons de s’introduire dans les systèmes, explorer des réseaux compromis et rechercher un meilleur accès. Il est parvenu à le faire rapidement, de façon répétée chez un grand nombre d’organisations.

L’évolution la plus importante ne correspond toutefois pas à l’identification d’un auteur de menace ou à la détermination des détails d’une campagne. C’est plutôt l’émergence d’un cadre réutilisable qui aide à mener des cyberopérations à une échelle industrielle.

Les cyberattaques ne sont pas encore entièrement autonomes. Des humains choisissent encore les cibles, fixent les objectifs et supervisent l’opération. Cependant, de plus en plus du travail lié à ces décisions peut maintenant être délégué aux machines. Les responsables de la défense ont dès lors moins de temps pour détecter une attaque et y mettre fin.

Le signe du changement

Storm-0940 a utilisé un cadre d’IA agentive appelé ARTEX pour cibler des centaines d’organisations. Dans certains cas, l’activité est passée de la sélection d’une cible à l’obtention d’un accès privilégié aux systèmes infonuagiques en moins de trois heuresNote de bas de page 2.

Le cadre a permis de trouver des cibles, de tester des mots de passe et d’explorer les systèmes compromis. Aucune de ces techniques n’est nouvelle. La nouveauté, c’est plutôt la capacité de les lier, de les automatiser et de les répéter contre un grand nombre de cibles.

Storm-0940 donne un premier coup d’œil à la façon dont l’IA transforme les cyberopérations. Les comptes ayant une faible protection, les permissions d’accès excessives, les systèmes exposés, les logiciels non corrigés et les lacunes dans la surveillance demeurent les manières courantes de s’introduire dans les systèmes d’une organisation. L’IA agentive peut aider les auteurs de menace à trouver et à exploiter ces failles plus rapidement et à plus grande échelle.

Pourquoi le Centre pour la cybersécurité avertit les Canadiennes et Canadiens

Le Centre canadien pour la cybersécurité (Centre pour la cybersécurité) avertit depuis quelque temps que l’IA élimine les obstacles à l’accès aux cyberactivités malveillantes et augmente la vitesse, l’ampleur et la sophistication des cybermenacesNote de bas de page 3. Les activités rendues publiques cette semaine confèrent un caractère urgent à cet avertissement.

Au fur et à mesure de la croissance des capacités des agents automatisés, les organisations pourraient être confrontées à des attaques qui passent à plusieurs systèmes en même temps. Les machines peuvent agir plus rapidement que ce que nombre de processus et de politiques sont conçus pour gérer. Les décisions qui autrefois donnaient le temps de discuter pourraient bientôt devoir se prendre en quelques minutes.

C’est particulièrement important dans le cas des infrastructures essentielles. Un incident qui touche un fournisseur de services infonuagiques, un autre fournisseur, un système de gestion des identités ou une technologie opérationnelle peut se propager au-delà de l’organisation d’abord compromise. Il peut perturber les services essentiels et entraîner des dommages physiques et économiques dans divers secteurs. Il s’agit d’un risque pour la sécurité nationale et économique du Canada.

Le Centre pour la cybersécurité priorise la sécurité et la résilience des systèmes numériques les plus importants du Canada, au gouvernement du Canada et au sein des infrastructures essentielles. Il aide également les propriétaires et exploitants d’infrastructures essentielles à se préparer à maintenir les services essentiels en cas de cyberincident grave.

Pour l’instant, la plupart de ces activités sont suffisamment généralisées et tapageuses qu’elles sont détectées par les mesures de cyberdéfense sophistiquées. On estime que les cyberactivités facilitées par l’IA risquent probablement de devenir plus ciblées, moins visibles et plus difficiles à détecter qu’actuellement au fur et à mesure que la technologie s’améliore.

Que devraient faire les organisations

L’IA agentive ne rend pas obsolètes toutes les pratiques de cybersécurité déjà établies. Elle en accroît l’importance.

Le Centre pour la cybersécurité avise depuis longtemps que les Canadiennes, les Canadiens et les organisations canadiennes sont confrontés à un plus grand risque lorsque les pratiques de base de la cybersécurité ne sont pas adoptées de façon uniformeNote de bas de page 4.

Les organisations devraient :

  • exiger l’authentification multifacteur résistante à l’hameçonnage pour les administratrices et administrateurs, l’accès à distance et d’autres comptes importants;
  • restreindre l’accès accordé aux utilisatrices et utilisateurs, aux applications et aux comptes de service;
  • examiner les accès accordés à une partie tierce et les applications infonuagiques partagées;
  • apporter les correctifs rapidement aux systèmes connectés à Internet et retirer les services qui ne sont plus requis;
  • conserver les journaux de sécurité et assurer une surveillance pour détecter les connexions inhabituelles, les nouveaux justificatifs d’identité et les changements inattendus dans les accès;
  • décider à l’avance qui peut isoler un compte, une application, un réseau ou un service;
  • mener des exercices pour pratiquer l’intervention en cas d’incidents qui se déroulent en quelques heures plutôt qu’en jours;
  • séparer les systèmes importants et conserver des sauvegardes éprouvées hors ligne ou des sauvegardes protégées.

Ces mesures diminuent les options d’attaque. L’IA amplifie les conséquences des mesures de contrôle faibles et des lenteurs dans les décisions, mais les bases d’une bonne cybersécurité demeurent efficaces.

Préparer les infrastructures essentielles

La prévention seule n’est pas suffisante. Les propriétaires et exploitants d’infrastructures essentielles doivent se préparer à la possibilité que les systèmes importants, les fournisseurs et les communications soient indisponibles ou qu’il soit impossible de leur faire confiance.

Par l’intermédiaire de l’initiative de Résilience des infrastructures essentielles face à l’intensification des menaces (RIEFIM)Note de bas de page 5, le Centre pour la cybersécurité aide les organisations à se préparer en cas de perturbation grave et prolongée causée par des cyberactivités pour qu’elles puissent continuer à fournir les services essentiels aux Canadiennes et Canadiens.

L’initiative de RIEFIM est axée sur trois capacités pratiques, soit :

  • isoler les systèmes essentiels;
  • exploiter les services essentiels de façon indépendante durant une interruption de grande envergure;
  • rebâtir les systèmes touchés à partir de sources de confiance hors ligne.

Les propriétaires et exploitants d’infrastructures essentielles devraient :

  • déterminer les fonctions minimalement nécessaires pour protéger la vie et la sécurité ainsi que maintenir les services essentiels;
  • établir des procédures claires et préautorisées d’isolation des systèmes essentiels et des connexions externes;
  • tester des façons manuelles ou différentes de mener les activités;
  • cerner les services qui peuvent être réduits ou être interrompus en cas de crise;
  • comprendre leur dépendance aux télécommunications, aux services infonuagiques, aux services publics et au personnel spécialisé;
  • conserver hors ligne des copies de confiance des produits essentiels, comme les logiciels, les configurations, les instructions et le matériel de reprise;
  • tester la façon dont les systèmes de technologie de l’information et de technologie opérationnelle peuvent être récupérés et examinés avant de les reconnecter.

L’objectif n’est pas de maintenir les activités normales en toute circonstance, mais de protéger la vie et la sécurité, de limiter l’étendue des dommages et de continuer à fournir les services viables minimaux sur lesquels les Canadiennes et les Canadiens comptent en dépit de la capacité réduite.

Signalement des incidents de cybersécurité

Les organisations qui font l’expérience de cyberactivités suspectes ou malveillantes devraient les signaler au Centre pour la cybersécurité par l’intermédiaire de son portail en ligne. Les victimes de cybercrimes devraient également signaler l’incident à leur service de police et au Centre antifraude du Canada, le cas échéant.

Veuillez transmettre toute question ou tout enjeu connexes au Centre pour la cybersécurité à contact@cyber.gc.ca.

Ressources utiles

Consultez les ressources en ligne suivantes pour obtenir de plus amples renseignements, ainsi que des avis et conseils :

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