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Protéger votre organisation contre les maliciels - ITSAP.00.057

 

Un logiciel malveillant, ou maliciel, est utilisé par un auteur de menace pour compromettre les réseaux, les systèmes et les appareils. Lorsqu’une organisation est compromise par un maliciel, des auteurs de menace peuvent obtenir l’accès à de l’information sensible, surveiller les activités et perturber les opérations.

Cette publication présente les types courants de maliciels, les signes pouvant indiquer qu’un appareil est infecté et les mesures à prendre en cas de compromission d’un appareil. Elle propose également des conseils pratiques pour mieux protéger votre organisation contre de futures menaces.

Sur cette page

Comment les maliciels s’introduisent

Les maliciels peuvent s’introduire dans un réseau, un système ou un appareil en exploitant des vulnérabilités ou en adoptant un comportement à risque. Les exemples suivants illustrent des façons courantes dont les maliciels pourraient s’introduire dans des systèmes et des appareils.

Téléchargements et fichiers

  • Ouverture de fichiers joints malveillants.
  • Téléchargement de logiciels, d’applications ou de mises à jour à partir de sources non fiables.
  • Téléchargement ou partage de fichiers à partir de plateformes non officielles ou pair à pair.
  • Connexion de supports amovibles non vérifiés ou non analysés (p. ex. des clés USB ou des lecteurs externes).

Navigation et accès

  • Clic sur des fenêtres contextuelles, des annonces ou des alertes fausses ou trompeuses.
  • Installation de barres d’outils ou de modules d’extension non autorisés.
  • Consultation de sites Web non sécurisés ou compromis.
  • Utilisation de réseaux Wi-Fi non protégés ou non fiables.

Sécurité des appareils et des comptes

  • Utilisation de logiciels ou d’appareils désuets, non pris en charge ou non corrigés.
  • Utilisation de mots de passe faibles, par défaut ou recyclés.

Types de maliciels et comportements

Il existe de nombreux types de maliciels, chacun ayant été conçu pour exploiter les systèmes de différentes façons. En se familiarisant avec les différents types de maliciels, on peut repérer les activités malveillantes plus rapidement et intervenir efficacement. Les maliciels se distinguent à la fois par leur mode de propagation et par les effets qu’ils produisent lorsqu’ils s’exécutent. Une même attaque peut faire appel à plusieurs techniques et à plusieurs capacités.

Comment les maliciels se propagent

Les maliciels exploitent différents modes de propagation leur permettant de s’installer et de se déplacer d’un système ou d’un réseau à l’autre. Les types présentés ci-dessous décrivent comment les maliciels s’introduisent dans les systèmes et s’y propagent.

  • Cheval de Troie : logiciel malveillant dissimulé à l’intérieur d’un programme en apparence inoffensif, qui exécute des opérations nuisibles à l’insu de l’utilisatrice ou utilisateur.
  • Virus : programme malveillant qui infecte des fichiers et qui se transmet à d’autres systèmes par intervention de l’utilisatrice ou utilisateur, comme l’ouverture ou le partage de fichiers infectés.
  • Ver : programme malveillant qui s’exécute de lui-même et qui se reproduit par lui-même et se propage, généralement par les connexions réseau, dans le but de causer des dommages (p. ex. suppression de fichiers, envoi de documents par courriel, ou saturation de la bande passante).

Ce que les maliciels peuvent faire

Lorsqu’il s’exécute, un maliciel peut entraîner des actions nuisibles susceptibles d’affecter les systèmes, les données ou les utilisatrices et utilisateurs. Les types de maliciels présentés ci-dessous décrivent les effets ou les conséquences d’un maliciel sur les appareils infectés.

  • Publiciel : programme malveillant qui surveille les activités sur Internet dans le but d’afficher des fenêtres publicitaires ciblées.
    • Il est souvent installé à l’insu de l’utilisatrice ou utilisateur au moyen de logiciels fournis ou de sites Web malveillants.
    • Il peut rediriger le trafic de navigation ou recueillir des données d’utilisateur.
  • Pirate de navigateur : programme malveillant qui manipule les paramètres du navigateur afin de rediriger les personnes vers des publicités ou des sites Web indésirables. Il peut notamment changer la page d’accueil, modifier le moteur de recherche par défaut ou ajouter des barres d’outils non autorisées.
  • Réseau zombie : réseau d’appareils infectés (appelés « robots » ou « zombies »).
  • Cryptominage pirate : détournement de la puissance de traitement d’un appareil aux fins du minage d’une cybermonnaie, à l’insu de la ou du propriétaire, entraînant souvent un ralentissement important et une surchauffe.
  • Bombe logique : programme qui provoque des actions malveillantes sur un système lorsqu’il est déclenché par des conditions particulières (date, heure ou intervention données). La bombe demeure souvent inactive et cachée jusqu’à ce qu’elle soit activée.
  • Dissimulateur d’activité : ensemble de programmes furtifs qui procure un accès privilégié à des réseaux, à des systèmes ou à des appareils en se faisant passer pour un composant légitime du système d’exploitation.
    • Il s’intègre souvent profondément aux composants du système d’exploitation ou au micrologiciel pour échapper à la détection.
  • Rançongiciel : maliciel qui bloque l’accès à des données ou à des systèmes, généralement en chiffrant les données et en retenant la clé de déchiffrement jusqu’à ce qu’une rançon soit versée à l’auteur de menace.
  • Logiciel espion : logiciel destiné à surveiller les activités des utilisatrices et utilisateurs et à recueillir de l’information sensible les concernant, notamment des données de navigation, des identifiants de connexion ou des renseignements personnels. Voici certains types de logiciels espions :
    • Voleur d’information : programme conçu pour extraire des données sensibles d’un appareil, notamment les justificatifs d’identité, l’historique de navigation, les témoins temporaires et jetons, les renseignements d’autoremplissage (données relatives à des cartes de paiement enregistrées), les registres de communication, les documents, les renseignements sur le système et même des captures d’écran.
    • Enregistreur de frappe : programme conçu pour surveiller et enregistrer les touches saisies sur le clavier d’ordinateur dans le but de voler de l’information sensible (mots de passe, renseignements personnels ou informations financières).
      • Il s’exécute souvent dans le système d’exploitation ou les logiciels de saisie clavier afin de recueillir cette information de façon discrète.
    • Maliciel VPNFilter : logiciel destiné à compromettre des routeurs afin de permettre l’interception du trafic, la collecte de renseignements, l’exploitation de systèmes connectés et la perturbation ou manipulation du trafic sur le réseau.
    • Ver effaceur : programme qui détruit les données en supprimant, en écrasant ou en corrompant de façon permanente des fichiers et des composants de système, entraînant souvent une perte définitive des renseignements et l’inutilisabilité de l’appareil.

Comment l’intelligence artificielle fait évoluer les maliciels

Les auteurs de menace exploitent l’intelligence artificielle (IA) pour accroître l’efficacité des maliciels courants. Les sections qui suivent présentent les trois principales façons dont l’IA fait évoluer les maliciels.

Méthode 1 : Maliciels assistés par IA

Ce type de maliciel repose sur des outils d’IA non intégrés au maliciel lui-même pour soutenir la planification et l’exécution des attaques. Il en résulte des activités malveillantes plus rapides, plus ciblées et plus convaincantes.

Par exemple, les auteurs de menace peuvent utiliser l’IA pour générer des messages, créer du code malveillant, automatiser l’analyse de renseignements publics afin de repérer des cibles prisées et concevoir du contenu de piratage psychologique personnalisé visant à accroître les taux d’infection.

Parmi les principaux points d’entrée figurent les courriels d’hameçonnage contenant des fichiers joints ou des liens malveillants, les téléchargements effectués à partir de sites Web compromis ainsi que l’utilisation de justificatifs d’identité volés ou faibles pour accéder à des systèmes.

Méthode 2 : Maliciels améliorés par l’IA

Ce type de maliciel utilise l’IA pour renforcer les fonctions malveillantes traditionnelles pendant son exécution afin d’accroître sa furtivité, sa rapidité ou sa capacité de prise de décision. L’IA améliore ces fonctions, sans toutefois contrôler ni remplacer entièrement les processus sous-jacents du maliciel.

Par exemple, les auteurs de menace peuvent utiliser l’IA pour dissimuler leurs déplacements latéraux, masquer les transferts de données dans le trafic légitime, prioriser les cibles en fonction des activités observées ou adapter automatiquement les techniques pour éviter la détection.

Parmi les principaux points d’entrée figurent les courriels d’hameçonnage contenant des fichiers joints ou des liens malveillants, l’exploitation de systèmes non corrigés et l’utilisation abusive des accès à distance. Le maliciel utilise ensuite l’IA pour optimiser sa propagation et échapper à la détection.

Méthode 3 : Maliciel à IA intégré

Ce type de maliciel intègre l’IA dans la charge de virus afin de pouvoir analyser le système qu’il infecte et d’ajuster automatiquement son comportement en temps réel. Il peut ainsi identifier des cibles, s’adapter aux contrôles de sécurité et choisir les mesures qui le rendent plus efficace.

Par exemple, un maliciel doté d’IA peut choisir automatiquement les fichiers de grande valeur à cibler, adapter ses activités aux outils de sécurité, ajuster le délai d’exécution selon les habitudes d’utilisation observées et analyser l’environnement du système pour optimiser ses actions futures (p. ex. code adaptif).

Parmi les principaux points d’entrée figurent les courriels d’hameçonnage contenant des fichiers joints ou des liens malveillants ainsi que les services accessibles depuis Internet vulnérables ou mal configurés qui permettent l’installation du maliciel sur un appareil ou un système.

Signes indiquant qu’un appareil a été infecté

Les maliciels peuvent affecter un appareil de façon subtile, les signes de compromission n’étant parfois perceptibles qu’après l’apparition de dommages plus importants. En surveillant les signes suivants, il est possible de détecter plus tôt les menaces potentielles et de mieux protéger les renseignements.

Changements à l’appareil

  • Fenêtre contextuelle apparaissant à l’écran d’un dispositif.
  • Modification de la page d’accueil.
  • Redirections du navigateur, barres d’outils nouvelles ou non reconnues, ou icônes inhabituelles.

Problèmes de performance

  • Dégradation (ralentissement) de la puissance de traitement.
  • Plantage d’un système ou d’une page.
  • Activité inhabituelle ou excessive de l’unité de disque dur, surtout lorsque le système est inactif.

Changements aux paramètres de sécurité ou à la configuration des logiciels

  • Exécution de programmes inconnus sur un appareil.
  • Désactivation des logiciels antivirus ou de protection contre les maliciels.
  • Verrouillage ou modification des paramètres de sécurité ou des contrôles administratifs.
  • Inaccessibilité, chiffrement ou renommage des fichiers.
  • Apparition sur l’appareil d’une demande de rançon ou de paiement.

Activités inhabituelles dans un compte

  • Envoi de pourriels ou de messages depuis votre compte.
  • Modification non autorisée de mots de passe ou tentatives de connexion inhabituelles.

Comportement du réseau et des appareils

  • Hausse du trafic réseau lorsque l’appareil est inactif.
  • Surchauffe de l’appareil, décharge rapide de la batterie ou utilisation inhabituelle des données mobiles.

Intervention en cas d’infection

En cas d’infection par un maliciel, il est important d’agir rapidement afin de limiter les dommages, de freiner la propagation et de protéger l’information sensible. Les pratiques exemplaires actuelles qui suivent vous aideront à contenir la menace, à assainir votre appareil en toute sécurité et à rétablir son état sécurisé.

Mesures immédiates

  • Communiquer immédiatement avec le bureau des services de sécurité des technologies de l’information (TI) ou le fournisseur de services TI.
  • Déconnecter l’appareil infecté de tous les réseaux (p. ex. Wi‑Fi, Ethernet et données mobiles).
  • Si le maliciel semble actif ou en cours de propagation, éteindre l’appareil afin d’éviter d’autres dommages.
  • Éviter d’utiliser l’appareil infecté pour accéder à des comptes sensibles (p. ex. comptes de courriel, systèmes financiers, portails administratifs).

Confinement et reprise

  • Exécuter des analyses antivirus hors ligne si possible.
  • Restaurer les données uniquement à partir de sauvegardes fiables et épurées créées avant l’infection.
  • Analyser tous les fichiers de sauvegarde avant de les restaurer pour s’assurer qu’aucun logiciel malveillant ne s’y trouve.
    • Utiliser des outils d’analyse de maliciels fiables, comme Assemblyline, la plateforme d’analyse et de détection de maliciels du Centre canadien pour la cybersécurité, pour évaluer les fichiers suspects avant de procéder à leur restauration.
  • Réinitialiser tous les mots de passe associés à l’appareil, révoquer toutes les sessions actives et tous les jetons d’accès, puis réactiver l’authentification multifacteur (AMF) afin d’empêcher l’utilisation abusive de justificatifs d’identité volés.

Surveillance après incident

  • Reconnecter l’appareil au réseau seulement après avoir réinstallé le système d’exploitation et confirmé, au moyen d’analyses de maliciels, que l’appareil n’est plus infecté.
  • Continuer de surveiller l’appareil afin de détecter tout comportement inhabituel, trafic suspect ou nouvel avertissement.
  • Effectuer des analyses antivirus périodiques pour s’assurer que tous les maliciels ont été supprimés de l’appareil.

Conseils pour se protéger contre les maliciels

La sécurité en ligne va au-delà des bonnes habitudes; elle exige l’adoption consciente et proactive de pratiques exemplaires en cybersécurité. Les menaces liées aux maliciels continuent d’évoluer et visent aussi bien les appareils personnels que les systèmes d’entreprise. En suivant des pratiques exemplaires, comme les 10 meilleures mesures de sécurité des TI, et en utilisant des outils de protection fiables, on peut réduire considérablement son risque de compromission. Les conseils qui suivent présentent les mesures les plus efficaces à prendre pour renforcer les capacités de défense et protéger les renseignements, les appareils et les comptes.

Authentification et protection de l’identité

  • Activer les clés d’accès ou l’AMF résistante à l’hameçonnage pour tous les comptes, en choisissant des méthodes d’authentification adaptées au niveau de sensibilité du compte et au niveau de risque.
  • Utiliser un gestionnaire de mots de passe pour générer et stocker des mots de passe longs et uniques.
  • Accorder uniquement les accès utilisateur et administrateur nécessaires à l’exercice des fonctions, et retirer régulièrement les autorisations qui ne sont plus requises.

Renforcement de la sécurité des appareils et des systèmes

  • Installer aussitôt que possible les mises à jour des logiciels, des micrologiciels et du système d’exploitation.
  • Déployer des outils antivirus, antimaliciel et de détection et intervention sur les terminaux.
  • Utiliser un pare-feu pour bloquer et limiter les accès non autorisés au réseau.
  • Activer les fonctions de chiffrement de disque ou de fichier.
  • Utiliser des systèmes de détection d’intrusion sur l’hôte, dans la mesure du possible.
  • Établir une liste d’applications autorisées pour empêcher l’exécution d’applications non autorisées.
  • Désactiver les fonctions sans fil, comme le Wi‑Fi, le Bluetooth, le GPS et la communication en champ proche, lorsqu’elles ne sont pas utilisées.

Sécurité des réseaux et d’Internet

  • Éviter d’utiliser les réseaux Wi‑Fi publics. Si cela s’avère nécessaire, utiliser un réseau privé virtuel.
  • Prendre des mesures de protection antihameçonnage et s’assurer que les systèmes de courriel sont conformes au protocole DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting and Conformance).
  • Utiliser un bloqueur de publicité pour réduire les risques liés aux publicités malveillantes, ou un bloqueur de fenêtre publicitaire pour limiter la collecte de renseignements sur les activités de navigation.
  • Vérifier les fichiers, les liens et les pièces jointes avant de les télécharger ou de les ouvrir.
  • Offrir régulièrement des séances de formation et de sensibilisation à la sécurité afin d’accroître la capacité à reconnaître les courriels d’hameçonnage, les liens malveillants, les faux sites Web et les tentatives de piratage psychologique.
  • Encourager le signalement rapide des courriels d’hameçonnage ou des maliciels soupçonnés afin de réduire les risques de propagation et les conséquences qui en découlent.
  • Recourir à un système d’adressage par domaine de protection pour bloquer l’accès à des domaines malveillants ou suspects.
  • Surveiller l’utilisation des données sur les appareils afin de repérer toute activité suspecte ou inhabituelle.

Sauvegarde et protection des données

  • Suivre la règle 3-2-1 pour la sauvegarde : trois copies, deux types de support, une copie hors site.
  • Chiffrer les données sensibles stockées dans les sauvegardes.

Contrôles à vérification systématique et d’entreprise

  • Mettre en œuvre l’architecture à vérification systématique.
  • Utiliser des outils de détection des menaces à l’identité et d’intervention.
  • Renforcer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et surveiller les risques liés aux tiers.

Pour en savoir plus

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